Liberation, Astrid Girardeau |

Depuis le milieu des années 90, Camilla Torna demande à ses amis et rencontres de dessiner comment ils voient le passage du temps. Aujourd’hui, cette graphiste florentine, exilée à New York, a prolongé l’idée sur Internet avec le projet Visualizing Time où elle invite chacun à proposer sa vision. Et les quelques deux cents cinquante dessins déjà envoyés parlent du temps aussi bien avec un angle historique, religieux, philosophique que personnel. La majorité sont des représentations abstraites, faites de lignes, de cercles ou de flèches. Mais on y trouve également quelques visualisations plus élaborées et métaphoriques. Pour chaque dessin, Camilla Torna demande au créateur quelques informations personnelles (genre, âge, pays d’origine/de résidence, niveau d’études, profession, etc.) afin d’essayer de tirer des tendances culturelles générales. Chaque participant peut accompagner son dessin d’un commentaire. Ainsi, ce designer italien d’associer à son dessin (voir ci-dessous) le texte suivant: «Je me sens comme un oignon. Les couches de peau extérieures bougent avec le temps, c’est un temps social qui me permet d’entrer en contact avec les autres. Mais plus je me recentre sur moi-même, plus le temps est lent, et tout au centre il est immobile. Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que c’est au centre de l’oignon que la nouvelle plante germe.»

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